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Sommes nous en déni collectif ?

Le docteur Elizabeth Kübler-Ross (décédée en 2004) a été psychologue et spécialiste du comportement.
C’est elle qui a présenté les étapes, ou phases du deuil (Déni, Colère, Marchandage, Dépression, Acceptation).
Mais peut être vivons nous un déni collectif (qui est la première phase du deuil) par rapport à la perte de notre ancien monde ou de notre ancien paradigme.
Certes cette perte semble encore éloignée dans le temps et dans l’espace.
Il y a aussi l’excuse des Cassandre comme le professeur Dumond auteur de « L’Utopie ou la mort » (Seuil, 1973), candidat aux présidentielles en 1974 et qui montra un verre d’eau lors de sa présentation télévisuelle, en indiquant que ce précieux liquide allait venir à manquer.
La vidéo d’origine est encore accessible sur ce lien.
Quarante ans plus tard cette prophétie ne s’est pas encore réalisée (du moins en France), mais de nombreux problèmes liés à l’eau sont apparus.
Il n’est jamais facile d’être prophète en son pays.
Essayons de faire un parallèle entre le déni individuel tel que défini par Elizabeth Kübler-Ross et notre attitude collective.
Le déni : Une immense majorité d’être humains sont dans cette phase, ils savent qu’ils y a des problèmes de ressource énergétique, d’épuisement des matières premières, de pollution, d’accroissement des inégalités, d’augmentation de la corruption, de délabrement des relations humaines sous différents aspects.
Pourtant ils préfèrent vivre comme si tout cela n’existait pas, ils préfèrent écouter les chantres de la croissance immodérée qui continuent de faire rêver à un monde ou la science et la technologie (et la finance) apporteraient des lendemains qui chantent.
Ceci se fait malgré les annonces quasi continuelles du fait que les problèmes cités, non seulement ne se solutionnent pas mais s’aggravent.
A titre d’exemple, la France va bientôt avoir doublé sa consommation d’énergie depuis 40 ans (toutes formes confondues) alors que le discours officiel est de prôner les économies d’énergies.
Chaque fin année (ou presque) EDF nous annonce que le record de production (en puissance de pointe) vient d’être battu.
Mais je jetons pas la pierre, un enfant de deux ans peut il réagir à l’annonce d’une guerre ? cela dépasse son entendement.
La colère : Un tout petit nombre de gens ont passé l’étape suivante, ils sont très conscient des problèmes cités, ils les considèrent comme importants et veulent avoir une action pour les résoudre.
Les actions peuvent être une révolte par rapport au système jugé corrompu, en mettant au point des systèmes parallèles comme les SEL (Système d’échange local) ou des entraides pour construire des maisons solaire.
Les plus radicaux (Comme la célèbre association Greenpeace ou comme les « Anonymous) auront des actions beaucoup plus musclées et surtout médiatiques.
Rappelons aussi les coup de gueule de Brigitte Bardot ou certains mannequins ayant posé nues pour dénoncer l’exploitation de la fourrure animale.
A la frange extrême, des actions terroristes peuvent également se produire, cas heureusement extrêmement rares car ils ne feraient que desservir la cause défendue.
Le marchandage : Le premier exemple qui vient à l’esprit serait les négociations entre les écologistes et le parti socialiste pour faire passer « un peu » de mesures écologiques dans la politique gouvernementale.
Mais cet exemple est trop simpliste. La phase du marchandage c’est de faire du donnant donnant (comme dans toute bonne négociation commerciale), j’accepte de changer certaines choses dans ma vie à condition que mon « niveau » de vie reste inchangé.
C’est évidemment un marché de dupe, mais les négociateurs en herbe, tentent le coup (on ne sais jamais, ça peut marcher, qui n’essaie rien n’a rien).
Citons comme exemples : je veux bien utiliser de l’eau chaude sanitaire faite avec des capteurs solaires ce qui est moins polluant qu’une chaudière à combustible fossile, mais je veux consommer autant d’eau chaude qu’avant.
Je veux bien fabriquer une partie de mon électricité avec des panneaux photovoltaïques mais à condition de consommer autant.
Je veux bien acheter une voiture à moteur hybride mais je veux continuer à rouler comme je veux.
Je veux bien signer des lois ou des pétitions pour les droits de ceci ou de cela mais à condition de ne rien changer à mes habitudes.
La vie ne se laisse par berner ainsi, l’humilité et l’honnêteté demandent de longues années d’apprentissage.
Dépression : Quand toutes les négociations ont échouées (ce qui peut durer très longtemps), car la vie ou la vérité ne font pas de concessions, c’est l’abattement, tout notre ancien monde s’effondre, nous touchons le fond.
Mais c’est justement dans le fond du puits (ou de la piscine), qu’une nouvelle source d’énergie va jaillir et nous propulser vers les étoiles pour enfin joindre les deux bouts.
Acceptation : Fort de cette nouvelle vision, naissante ou déjà bien établie, nous pouvons enfin nous accepter tel que nous sommes, avec nos grandeurs et nos décadences, sans artifice, sans échafaudage mental ni fantasme.
Ces échafaudages ont eut leur utilité pendant un temps, comme tuteur ou comme barrière protectrice, mais après un temps ils sont devenus des lambeaux, des entraves.
S’en dégager devient nécessaire et même vital pour commencer à développer nos potentiels de vie.