Monthly Archives: avril 2014

Il n’y a guère de guerre de religion

Le terme « guerre de religion » ne me convient pas car il désigne plutôt ce que j’appellerais une guerre d’idéologie ou éventuellement une guerre d’idéologie religieuse.
Celui qui vit réellement une religion (qu’elle qu’elle soit), la vit dans son cœur, dans son âme, dans sa chair, contrairement à celui pour qui elle n’est encore qu’au stade de l’idée, du mental, ou de pratiques d’un simulacre de religion.
Le non éveil du cœur est une forme d’insensibilité qui ne pourra pas réguler ou atténuer les excès idéologiques du mental.
Celui qui prend conscience de l’unité profonde de toute chose, vit dans une fraternité et il peut peut qu’aider son prochain comme lui même.

Croire n’est pas ce que vous croyez

Croire, n’est pas (ou ne se limite pas à) adopter telle ou telle idée, opinion, idéologie, dogme, religion, ni à en faire du prosélytisme, ni même à être prêt à mourir pour sa défense.
Adopter par choix telle ou telle pratique, idée, position, reste une posture qui se limite souvent à l’intellect, et qui sert à marquer son territoire par rapport aux autres, à s’identifier individuellement et et par clan.
Vous avez certainement connu des personnes qui prônaient certaines idées qu’ils ne mettaient pas en pratique (ou pratiquaient l’inverse).
Le cas est même assez courant, le monde politique donne des exemples à foison et j’ai aussi constaté cela dans le monde religieux ou les dévots pullulent, pratiquant le simulacre à tour de bras.
De même qu’il est difficile de voir le trou qui est dans le dos de son manteau, de même l’être humain (dont je fais partie) à une grande faculté à ne pas se voir tel qu’il est (et surtout tel que les autres le voient), et à s’illusionner lui même.
Il demeure que c’est au pied du mur que l’on reconnait le maçon et aux fruits que l’on reconnait l’arbre.
Je vous propose donc la définition suivante :
Croire, c’est se mettre en croix pour croître.
Je ne parlerais pas de la croissance, vous avez tous vu un arbre pousser ou un enfant grandir, rappelons cependant que la phase de croissance ne dure qu’un temps et qu’elle est suivie d’une phase de décroissance pour arriver à la mort et à la renaissance sur un autre plan (pour les croyants uniquement ?).
Maintenant, ou est la croix ?
L’arbre pousse verticalement sur un sol horizontal, il est attiré par le soleil tout en haut, voici une première croix tracée.
L’enfant grandit dans l’imitation de ses parents (plus élevés que lui), il devient « bien élevé » mais ne garde son équilibre que par rapport au sol bien à plat (avoir les pieds sur terre).
Lançons nous maintenant vers une généralisation en proposant qu’une croissance ne peut se faire que s’il existe une attirance, une attraction entre deux pôles, ceci constituant le premier axe (ou la première branche) de la croix.
Je vous laisse imaginer le deuxième.

N’avalez pas n’importe quoi !

Faire avaler la pilule à quelqu’un.
Voila une expression connue et oh combien d’actualité.
On peut se moquer (avec un frisson de sueur rétrospective) des médecins du 17ème siècle qui n’avaient que deux remèdes, le lavement et la saignée.
Je pense qu’il viendra un temps ou nos descendants regarderont notre époque avec le même frisson angoissé, en constatant que l’essentiel de nos méthodes de soins consiste à avaler des pilules de produit chimique, dont personne ne sait exactement le détail des actions, ni leur étendue.
Le domaine de la pensée, n’est pas à meilleure enseigne, le matraquage publicitaire peut arriver à faire avaler n’importe quoi à n’importe qui, que ce soit des produits ou des idées (qui deviennent alors des idées reçues).
Avaler étant le fait d’aller dans la vallée (a-vallée de la mort ?), il va falloir remonter la pente, retrouver la vision et l’oxygène des sommets.
Ce serait un comble.

Qui nous nuit ? Le savoir ou pas, c’est le jour et la nuit.

Raymond Devos a déjà déclaré que « se coucher tard nuit », aussi vais je tenter d’en réveiller quelques uns, le prix de la liberté étant l’éternelle vigilance (citation de Thomas Jefferson).
J’ai l’impression que beaucoup de gens ayant subi une agression (qu’elle soi physique, morale ou ayant trait avec l’argent ou autre), réagissent de façon épidermique (comme dans la loi du talion, œil pour œil, dent pour dent).
Prenons l’exemple de quelqu’un qui aurait été attaqué ou volé plusieurs fois par une personne de couleur verte (à la place du mot vert, qui est ici une fiction, chacun chacun pourra mettre la couleur ou l’ethnie qui lui parle le plus).
Il y a fort à penser que cette personne prendra peur à chaque fois qu’elle rapprochera d’un homme vert dans la rue, qu’elle fera installer chez elle un système d’alarme onéreux (sans oublier le contrat de maintenance juteux) et peut être même qu’elle rejoindra une association qui souhaite bouter hors de France tous les hommes vert (ils ne sentent pas bon, il volent, ils mendient, ils habitent dans des bidonvilles et ne scolarisent pas leurs enfants tout en percevant des allocations familiales. Ceci n’étant qu’un bref aperçu des récriminations envisageables).
La ou l’intelligence commence à vaciller, c’est lorsque un spécialiste fera remarquer à notre agressé que les méfaits commis par les hommes vert ne représentent que un millième des méfaits commis par les agresseurs de toutes les autre couleurs réunies, notre agressé n’entendra pas ces arguments et continuera obstinément son combat (ou sa vengeance).
La réaction émotionnelle (due aux agressions subies par la personne) reste prédominante et ne laisse place à aucune rationalité.
Cette hyper-réaction est d’ailleurs entretenue par un certains nombre de personnes ou d’organismes, cela s’appelle jeter de l’huile sur le feu ou encore stigmatiser telle ou telle catégorie, de façon à entretenir ou augmenter un climat de haine et de peur qui permettra ensuite la mise en place de structures « fortes », voir dictatoriales, sachant que ceux qui poussent ainsi au crime, retirerons les marrons du feu pour eux même ou leurs complices. C’est le vieux principe « diviser pour mieux régner » connu depuis la nuit des temps, ce qui nous ramène encore à cette nuit dont nous avons du mal à nous réveiller.
Une autre façon d’entretenir ces peurs et ces haines est de ne jamais en faire état dans le système éducatif, laissant ainsi en jachère la possibilité de sublimer le coté émotionnel « premier degré » que chacun a  naturellement pour épanouir des formes de raisonnement plus perspicaces.
Ainsi des luttes fratricides entre des pays voisins, se reproduisent de génération en génération depuis des millénaires, sans qu’aucun des protagonistes ne s’interroge sur le fait qu’il ne fait que rejouer à l’infini un scénario dont il n’est pas l’auteur et qui ne peut se justifier que par une sorte de fidélité aux ancêtres !
Ce scénario de la guerre « irréfléchie » peut aussi se décliner dans des formes plus bénignes mais aussi beaucoup plus nombreuses de la vie des hommes, allant des guerres de clocher, aux histoires de famille, en passant par la vendetta.

Si j’ai fais l’apologie d’une approche rationnelle (qui n’empêche pas les sentiments), je me dois d’en donner un exemple, au moins à titre pédagogique.
Alors qui nous nuit le plus ?
J’ai envie de classer les nuisibles en deux catégories, les amateurs et les professionnels, ces deux termes ne constituant que le deux pôles extrêmes, toutes les catégories intermédiaires auraient droit d’être citées, mais je vais rester sur cette simplification volontaire pour mieux marquer les esprits.
Qu’est ce qui distingue ces deux catégories .
Les nuisibles amateurs agissent rarement, s’attaquent à une seule personne (ou à un groupe), commettent un forfait quantitativement important en dehors de tout cadre légal et sans aucune contre partie qui serait bénéfique à leur proie. Ils font parler d’eux (involontairement) dès que le forfait est connu.
Les nuisibles professionnels sont en action constamment (24h sur 24h), s’attaquent à tous (systématiquement), font de minuscules prélèvements dans un cadre tout à fait légal (ce qui ne veut pas dire moral ou bien/mal) et donnent une contrepartie bénéfique à leur proie (pour les endormir et les faire consentir et même en redemander). Ils ne font pas parler d’eux (jusqu’à récemment), ils savent manipuler les médias et les différents pouvoirs ou pseudo pouvoirs en place quelque soit.

Il y a la beaucoup de notions qui méritent quelques développements :
Si quelqu’un vous vole 10 000€, je suppose que vous allez tout mettre en oeuvre pour récupérer votre argent, même si cela vous prend plusieurs années.
Si au moment de payer vos achats au supermarché, vous faites tomber une pièce de 50 centimes et que , au moment de vouloir la ramasser, un individu, plus rapide que vous, s’en empare et fuit à toute vitesse, allez le poursuivre en laissant tous vos achats sur la caisse du magasin ?
C’est la première (et la plus importante) des différences entre le amateurs et les professionnels, les premiers savent très mal compter, les deuxièmes sont des génies en mathématiques.
Maintenant, si on vous vole 10 000 €, vous pourrez le raconter à vote famille, à vos proches, à vos collèges, tous vous soutiendront, vous plaindront, la presse en parlera peut être, vous deviendrez une sorte de centre d’intérêt. Mais pour les 50 centimes, vous n’oserez même pas raconter votre mésaventure (notez que ce point n’est évoqué simplement pour dénoncer quelques travers humain, ni par humour, mais parce qu’il est parfaitement connu et exploité par les nuisibles professionnels, comme nous le développerons plus loin.

Si un amateur commet un forfait à 10 000 € chaque mois, il gagne 120 000 € par an.
Si une organisation professionnelle commet un forfait à 50 centime par mois mais appliqué à 7 milliards d’individu, elle gagne 42 000 000 000 € par an.
Elle gagne donc 350 000 fois plus, ce qui est normal puisqu’il lui faut plus de personnel pour sa gestion !

Les premiers (les amateurs) ne voient qu’un intérêt immédiat, quitte à prendre beaucoup de risques, les deuxièmes ont tout leur temps pour mettre en place des stratégies à long terme.
Je ne développerais pas le genre de forfait commis par les amateurs, vos médias en regorgent chaque jour et s’ils le font c’est parce qu’il y a une large clientèle qui en demande et en redemande sans jamais sembler se lasser ! (c’est la nourriture spirituelle des pauvres, je parle bien sur des pauvres en esprit).
Pour les professionnels, ils vous sont certainement beaucoup moins connus, déjà parce qu’ils ne sont jamais (ou pour des faits ponctuels) cités dans les rubriques criminelles, puisque une de leur caractéristiques est d’agir dans le cadre légal, quitte à influencer les pouvoirs en place pour modifier les textes en leur faveur par les système du lobbying, ou pire.
Le chiffre de 7 milliard indiqué dans le calcul correspond à la population mondiale actuelle, donc le nombre maximum de victimes possibles.
Mais il n’est pas nécessaire d’avoir tant de victimes pour faire une arnaque professionnelle, des dizaines de millions, voire des millions de victimes peuvent suffire.
Mais concrètement, comment arnaquer des millions de personnes « légalement » ?
La liste des caractéristiques générales des nuisibles professionnels à déjà été citée, entrons maintenant dans plus de détail.
Pour prélever des sommes minimes par individu mais énormes au niveau global, il faut trouver les « points de passage obligés », comme autrefois, il fallait payer l’octroi pour entrer dans les villes.
Les villes étaient entourées de murailles ou de remparts, les points de passage obligés étaient les portes ou les pont levis.
Cet encerclement des villes, à priori mis en place pour la protection de celles ci, se trouvait être fort à propos pour contrôler les flux de personnes et leur faire payer des taxes.
Ceux qui avaient cru gagner un peu de sécurité en acceptant la protection du château fort ou de la ville fortifiée, devaient ensuite vider leur bourse pour rembourser tous ces travaux, et le plis étant pris, ils devaient vider plus que prévu, ce qui nous rappelle la célèbre citation de Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »
Revenons à notre époque ou les murailles ont disparues autour des villes, ou du moins ont elles changées de forme ?
Nous sommes devenus des consommateurs et les points de « passage obligés » modernes sont nos différentes alimentations :
L’eau, l’électricité, les énergies, les moyens de transport, la santé, l’éducation, les semences, la nourriture, l’armement, les banques, les assurances, les moyens de communication et d’information.
D’un côté, ces entreprises nous apportent un bienfait (à court terme) mais peuvent nous prélever à leur guise, les contrôles étant de plus en plus faibles. Ces systèmes mis  en place à grande échelle permettent difficilement de s’en échapper (la souricière se referme petit à petit).
L’éducation est un des derniers bastion de résistance à ne pas être tombé dans les griffes des prédateurs, ce qui se comprend car c’est encore que l’on trouve une majorité de gens qui pensent et donc qui sont plus difficiles à manipuler.
Maintenant, comment font ces nuisibles pour passer inaperçu, et bien ils n’ont pratiquement rien à faire, ils se laissent porter par le fait que l’immense majorité des gens sont friands des méfaits commis par les nuisibles amateurs et que les médias en font un large couverte (rappelez vous la perte des 50 centimes dont vous n’avez pas osé parler !).
Si on regarde le film Brazil, on voit que quelques état peuvent aussi « créer de toute pièces » des « faux » nuisibles amateurs pour focaliser l’attention des masses et justifier ainsi le système répressif d’état.
Ceci pourra rappeler le système du torero, il agite une cape rouge, que tout le monde regarde le mouvement de la cape (le public et le taureau).
Le taureau (et peut être aussi certains spectateurs peu éduqués) va croire que le danger est au niveau de la cape rouge, il va foncer dessus, y perdre son énergie et se retrouver avec une épée plantée dans le dos.
Les nuisibles professionnel font ainsi, ils ne viennent pas vous attaquer directement (contrairement aux amateurs), d’une main il montrent quelques carottes (des attracteurs, des publicités), et de l’autre des bâtons (ou des chiffons rouges).
Ensuite, selon le cas, les gogos (ou plutôt des clients) vont se précipiter pour devenir dépendant des services proposés (peu chers au début puis de plus en plus cher une fois que l’addiction est prise, comme pour les dealer de drogue ou les subprimes), ou avoir peur d’aller dans d’autres directions contraires aux intérêts des nuisibles (entretien de la haine et de l’ignorance, diviser pour mieux  régner).

Voila, si la moindre lueur a put naître dans quelque esprit, elle pourra j’espère nous faire sortir de la nuit.

Quand le parti pris vous prend à parti, tout part à vau-l’eau.

Nota : Extrait d’un texte de Simone Weil (la philosophe).

D’une manière générale, un examen attentif ne semble laisser voir à aucun égard aucun inconvénient d’aucune espèce attaché à la suppression des partis.
Par un singulier paradoxe les mesures de ce genre, qui sont sans inconvénients, sont en fait celles qui ont le moins de chances d’être décidées. On se dit : si c’était si simple, pourquoi est-ce que cela n’aurait pas été fait depuis longtemps ?
Pourtant, généralement, les grandes choses sont faciles et simples.
Celle-ci étendrait sa vertu d’assainissement bien au-delà des affaires publiques.
Car l’esprit de parti en était arrivé à tout contaminer.
Les institutions qui déterminent le jeu de la vie publique influencent toujours dans un pays la totalité de la pensée, à cause du prestige du pouvoir.
On en est arrivé à ne presque plus penser, dans aucun domaine, qu’en prenant position « pour » ou « contre » une opinion.
Ensuite on cherche des arguments, selon le cas, soit pour, soit contre.
C’est exactement la transposition de l’adhésion à un parti.
Comme, dans les partis politiques, il y a des démocrates qui admettent plusieurs partis, de même dans le domaine des opinions les gens larges reconnaissent une valeur aux opinions avec lesquelles ils se disent en désaccord.
C’est avoir complètement perdu le sens même du vrai et du faux.
D’autres, ayant pris position pour une opinion, ne consentent à examiner rien qui lui soit contraire.
C’est la transposition de l’esprit totalitaire.
Quand Einstein vint en France, tous les gens des milieux plus ou moins intellectuels, y compris les savants eux-mêmes, se divisèrent en deux camps, pour et contre. Toute pensée scientifique nouvelle a dans les milieux scientifiques ses partisans et ses adversaires animés les uns et les autres, à un degré regrettable, de l’esprit de parti.
Il y a d’ailleurs dans ces milieux des tendances, des coteries, à l’état plus ou moins cristallisé.
Dans l’art et la littérature, c’est bien plus visible encore. Cubisme et surréalisme ont été
des espèces de partis. On était « gidien » comme on était « maurrassien ».
Pour avoir un nom, il est utile d’être entouré d’une bande d’admirateurs animés de l’esprit de parti.
De même il n’y avait pas grande différence entre l’attachement à un parti et l’attachement à une Église ou bien à l’attitude antireligieuse.
On était pour ou contre la croyance en Dieu, pour ou contre le christianisme, et ainsi de suite.
On en est arrivé, en matière de religion, à parler de militants.
Même dans les écoles on ne sait plus stimuler autrement la pensée des enfants qu’en les invitant à prendre parti pour ou contre.
On leur cite une phrase de grand auteur et on leur dit : « Êtes-vous d’accord ou non ? Développez vos arguments. »
A l’examen les malheureux, devant avoir fini leur dissertation au bout de trois heures, ne peuvent passer plus de cinq minutes à se demander s’ils sont d’accord.
Et il serait si facile de leur dire : «Méditez ce texte et exprimez les réflexions qui vous viennent à l’esprit ».
Presque partout — et même souvent pour des problèmes purement techniques —
l’opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s’est substituée à l’obligation de la pensée.
C’est là une lèpre qui a pris origine dans les milieux politiques, et s’est étendue, à travers tout le pays, presque à la totalité de la pensée.
Il est douteux qu’on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques.

Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques (1940),
Écrits de Londres, p. 126 et s.

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