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Quand les soldats de plomb tombent à pic

Est ce une nouvelle fois l’approche du 14 juillet qui me fais penser aux soldats ou un lointain souvenir de mon service militaire, seul moment de ma vie ou j’ai côtoyé de pré cette institution.
Sommes nous tous devenus de gentils soldats de plomb ? obéissant à toutes les autorités, respectueux de toutes le lois, gardiens de toutes les chapelles.
Une telle rigueur devient facilement raideur et le plomb apparaît, tirant vers le bas, figeant nos émotions dans un rictus mortifère.
La forme, à force de tirer vers la perfection, en perd toute vraisemblance, toute vie profonde, et elle s’abîme jusqu’au fond vers l’abîme.
Une fois tombé à pic, le fond est touché puits refondu et la vie repart du bon pied.

De l’artifice à l’artificier

Bientôt le 14 juillet et son joli feu pour combler notre manque de lumière.
L’artifice remplace le naturel depuis longtemps, même les paillons viennent se brûler les ailes sur ces lueurs appétissantes.
Idem en politique ou les torses bombés et les sourcils froncés peinent à masquer les vides conjoints du cœur et de l’esprit.
La vie souhaite certainement nous préserver d’une agonie trop longue, lorsqu’un bâtiment menace ruine, il est préférable de l’abattre rapidement avant qu’il ne cause de nombreuses victimes par sa dégradation au fil du temps.
Voici donc notre artificier qui s’avance pour mettre bas tous ces artifices du monde ancien.
La démolition qui est certes beaucoup plus rapide que la construction demande néanmoins certaines compétences, la première étant de ne pas révéler que l’on démoli, surtout si les plans du nouveau sont dans l’esprit d’autres.
On assiste donc à un passage de l’état protecteur vers l’état prédateur qui doit redoubler dans son art de l’artifice pour que personne ne se doute de quoi que ce soit.
La première étape est de fragiliser la structure afin qu’elle n’offre pratiquement plus de résistance une fois le moment final arrivé, mais il faut qu’elle continue à remplir momentanément son rôle, même s’il n’est qu’une apparence.
Ensuite, on place des bombes à retardement (des charges explosives dans le cas des immeubles à détruire) avec un dispositif d’allumage bien évident.
Ce travail a été fait depuis de nombreuses années par les présidents et les administrations françaises ou Européennes ou mondiales.
Naturellement , ces travaux préliminaires de fragilisation et de mise en place de charges (les charges fiscales par exemple) sont à faire dans tous les étages de la pyramide sociale.
Une fois le jour J et l’heur H arrivé, il faut mettre le feu aux poudres, de préférence par un artificier qui ne pète pas le feu, un benêt rondouillard fera l’affaire, personne ne se méfiera de lui quelles que soient ses bévues (qui en fait sont des allumages progressifs).
C’est l’étage du haut qui va lâcher en premier (montrer l’exemple pour une fois), l’état de décomposition avancé de nos élites ? semble montrer que cette échéance est proche.
Les quelques pétards déjà partis (avant le 14 juillet) laissent présager un feu d’artifice abondant ou les casseroles tiendront lieu de petites clochettes.
Cet étage du haut, une fois écroulé, viendra percuter à pleine vitesse l’étage du dessous, déjà fragilisé rappelons le et lui aussi avec son lot de sujets brûlants.
Ensuite c’est la cascade, la boule de neige, l’effet papillon, le cercle vicieux.
Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avaient disparu.
Alors pourquoi toutes ces inquiétudes, après la pluie vient le beau temps, après l’hiver le printemps, après une civilisation l’autre.

Le poids : démo

Les livres nous délivrent.
Leur met sage.
Lire sans délire, relier sans délier.
Toujours à la page, ils trouvent le bon numéro.
La langue s’y colle, souligne entre les lignes.
Le titre s’en fiche, c’est trop dur.
Résume, assume jusqu’au point final qui justifie les moyens.
Conclusion sans occlusion.
Ne retient plus, tout lasse tout passe.
Vide mais libre.

L’épuisement des ressources

Vous avez tous entendu le discours sur l’épuisement prochain des ressources énergétiques, ce discours est apparu après le premier choc pétrolier, dans les années 1973-1974.
Mais qui l’a cru ? Aujourd’hui encore, vous pouvez vous faire livrer un semi remorque de fioul ou vous pouvez vous faire installer un branchement électrique de un mégawatt.
Et pourtant c’est vrai, car malgré cette (petite) prise de conscience, nous avons consommé chaque année de plus en plus d’énergie seule la crise amorcée en 2004 a vu une amorce de baisse.
Naturellement, je ne parle pas des pays dits « émergents » qui voient leur consommation s’envoler.
Le discours sur les rejets et la pollution est apparu un peu plus tard sur la scène publique.
Ces problèmes « matériels » sont ils l’incarnation, la manifestation de problèmes situés dans des sphères plus élevées ?
Je parle de l’épuisement des idées, de l’épuisement des enthousiasmes, du tarissement des visions d’avenir.
Mis à part le mot « croissance » que beaucoup agitent telle une relique qui nous ferait miraculeusement retrouver la splendeur des temps anciens, que proposent nos « penseurs », des lois en veut tu en voila, des systèmes de régulation qui devront eux même être régulés.
Les électeurs commencent d’ailleurs à s’apercevoir du creux qui est derrière le poids des mots, et si les mots sont creux, ils n’ont plus de poids.
Ils sont vidés de leur sens qui n’était qu’une apparence, qu’une ombre.
Les urnes deviennent alors des urnes funéraires ou la seule motivation est de faire tomber (dans la tombe et dans l’urne) ceux qui avaient réussi à nous faire rêver. Nous y déposons plus nos rancœurs que nos espoirs.
Cet épuisement des idées va de pair avec celui des sensations, qui deviennent lourdes, vulgaires, uniquement destinées à flatter nos instincts les plus bas pour en tirer quelques avantage commercial.
On pourrait à nouveau faire un parallèle avec le monde de la pollution et des rejets, les pensées sont polluées (la pensée dite unique étant la forme la plus symptomatique), les sensations sont polluées et provoquent des rejets.
Pas des rejets de gaz carbonique ni de dioxyde de souffre, mais des rejets entre les individus eux même, comme dans l’histoire de la tour de Babel ou les hommes ne se comprirent plus, faute d’avoir raté le tour de force promis.
Une fois complètement épuisés (au fond du puits) le phénix renaîtra de ses cendres (gardées dans les urnes) et le cycle nouveau prendra son envol.