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S’identifier

Je ne dirais plus « Je pense donc je suis », mais « Je suis ce à quoi ou celui à qui je m’identifie ».
Cette identification peut être vécue au niveau des pensées, des émotions, des sentiments, des sensations du corps.
Ensuite vient le jeu du je, ou la construction du sujet, qui se fait par différentiation (pôle opposé et complémentaire de l’identification).
L’important est ce qui vécu intérieurement et profondément, qualités qui donnent cette sensation de vérité, d’authenticité, et qui permet l’identification.
En opposition, viennent les impératifs et les contraintes du monde extérieur (famille, patrie, religion, milieu social, travail, écoles), en partie source de rejets.
L’individu va tenter une construction psychologique (parallèlement aux constructions physique et mentale) par identification aux affects qu’il va soit habiter soit héberger.
Les influx intérieurs et extérieurs vont tenter de trouver un équilibre.
Si les contraintes extérieures l’emportent, même temporairement, l’individu va vivre une oppression et quelquefois va aller jusqu’à les masquer ou les nier pour survivre sans souffrance apparente.
Une lente maturation permettra d’amorcer une résilience, jusqu’à ce que la nouvelle force intérieure permette un rééquilibrage.
Si c’est le confortement intérieur qui l’emporte sans être équilibré par le monde extérieur, l’individu ne sent plus ou peu ses limites et sa relation au monde, alors il devient envahissant jusqu’à ce que le retour d’information se fasse et le remette dans ses lignes.

Le mental se moque t il de nous ?

Imaginez la scène suivante :
Quelqu’un est au cinéma, devant l’écran géant. Sur la toile on voit un petit enfant en train de jouer, quand soudain un horrible individu apparaît et se met à battre violemment le petit enfant.
Aussitôt, la personne qui regardait ce scénario depuis son fauteuil, se met à pousser des cris, se précipite sur l’écran et le lacère à coup de couteau en insultant l’image qui s’y trouve.

Tout cela est ridicule pour nous occidentaux, habitués à voir des films sur écran depuis longtemps, nous savons que sur la toile, il n’y a que des jeux d’ombre et de lumière apportés par la rencontre entre un émetteur (le projecteur) et un récepteur (la toile), le récepteur final étant peut être notre conscience.
Et  même si ce que nous voyons est une réalité qui a été filmée, elle n’est plus dans ce temps ni dans cet espace.

Par contre dès que c’est notre mental qui fait son film, soit pour nous faire croire que untel a dit tel mot parce qu’il nous déteste, soit pour nous faire croire que nous sommes le plus intelligent de la terre, alors la nous le croyons, nous lui accordons crédit.
Et il n’hésite pas à changer de scénario, passant d’un extrême à l’autre, pour voir à quel hameçon nous mordrons le mieux et qu’il pourra ainsi retenir notre attention et survivre un moment grâce à cette énergie que nous lui apportons.

Est ce la fameuse maya (l’illusion).

Nous faisons même pire que notre spectateur du début de l’histoire, car lui va s’arrêter dès qu’il aura détruit l’écran et les hauts parleurs, ou arrêté le projeteur ou détruit la pellicule.
Alors que nous, totalement identifié à cette vision (pensée), nous allons la nourrir, l’entretenir, lui accorder du temps, voire tout notre temps, jusqu’à ne plus du tout devenir sensible au monde réel qui nous entoure.
Certains appellent ça autisme, d’autres appellent ça monde virtuel.

Mais le pire est peut être atteint lorsque nous partons en guerre contre ces visions insupportables (après les avoir crées), il faut détruire les « mauvais », y compris le soi-disant « mal » qui serait en nous.
La, toute notre énergie va y passer et s’incarner dans le monde réel.
Et si les faits nous donnent tord, notre mental va construire de nouvelles théories, de nouvelles visions pour nous mener un peu plus loin dans ce cercle vicieux.

C’est lui le bouffon, mais il nous mène par le bout du nez, par sa capacité à agiter sans cesse mille images devant nous, pour nous hypnotiser.
Si nous nous identifions à ces images, elles vont déclencher des émotions, des sentiments puis des actions.
C’est peut être pour cela que les traditions millénaires enseignent la méditation ou la prière ou d’autres formes de dévotion, dans le recueillement, le silence et la pénombre.
C’est la que s’épanouis la vérité, la vision claire, l’authenticité, comme les graines qui ont besoin de la protection de la terre pour germer avant de partir conquérir le monde de la lumière.

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