Psychologie

METHODE GORDON
APPLICABLE A TOUTE RELATION : PARENT/ENFANT, COUPLE. ENSEICNANT/ETUDIAN » RELATION DE TRAVAIL
PRINCIPES
1.Considérer l’autre comme une personne digne de respect, possédant
des besoins, des sentiments, des valeurs, qui sont différentes des nôtres; vouloir le comprendre, l’accepter et l’aider à se développer.
2.En cas de besoin, vouloir l’aider à clarifier et résoudre ses difficultés, sans lui en enlever la responsabilité, ni les résoudre à sa place.
3.Pouvoir l’écouter, sans intervenir (en parlant de soi), de manière à ce qu’il se sente vraiment compris dans la réalité des sentiments qu’il est en train de vivre. Et lui manifester cette compréhension chaleureusement.
4.Faire prendre conscience à l’autre de nos propres besoins, en lui • exprimant d’une manière personnelle et directe nos besoins et sentiments j de même, en cas de comportements de l’autre que nous n’acceptons pas (mais sans atteindre à sa personne).
5.Quand nous ressentons des sentiments positifs à l’égard de certains comportements de l’autre, pouvoir également les lui exprimer.
6.En cas de conflit de besoins, résoudre notre conflit en exprimant nos besoins contradictoires et cherchant ensemble des solutions qui puissent nous satisfaire tous les deux à la fois, de manière qu’il n’y ait pas de perdant, et que nous soyons en quelque sorte tous les deux gagnants.
7.Nous devons refuser d’employer notre pouvoir pour imposer è l’autre personne une solution au conflit que nous rencontrerons ; également, refuser de céder à l’autre à contrecoeur et avec ressentiment ou feindre une acceptation que nous ne ressentons pas.
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Jacques Salomé
Quand je te demande d’être écouté.
Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à me donner des conseils, je ne me sens pas entendu.
Quand je te demande de m’écouter et que tu me poses des questions, quand tu argumentes, quand tu tentes de m’expliquer ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir, je me sens agressé.
Quand je te demande de m’écouter et que tu t’empares de ce que je dis pour tenter de résoudre ce que tu crois être mon problème, aussi étrange que cela puisse paraître, je me sens encore plus en perdition.
Quand je te demande ton écoute, je te demande d’être là, au présent, dans cet instant si fragile où je me cherche dans une parole parfois maladroite, inquiétante, injuste ou chaotique. J’ai besoin de ton oreille, de ta tolérance, de ta patience pour me dire au plus difficile comme au plus léger.
Oui simplement m’écouter…. sans excusation ou accusation, sans dépossession de ma parole.
Ecoute, écoute moi. Tout ce que je te demande c’est de m’écouter.
Au plus proche de moi. Simplement accueillir ce que je tente de te dire, ce que j’essaie de me dire. Ne m’interromps pas dans mon murmure, n’ai pas peur de mes tâtonnements ou de mes imprécations. Mes contradictions comme mes accusations, aussi injustes soient-elles, sont importantes pour moi.
Par ton écoute je tente de dire ma différence, j’essaie de me faire entendre surtout de moi-même. J’accède ainsi à une paroie propre, ceile dont j’ai été longtemps dépossédé.
Oh non, je n’ai pas besoin de conseils. Je peux agir par moi-même et aussi me tromper. Je ne suis pas impuissant, parfois démuni, découragé, hésitant, pas toujours impotent.
Si tu veux faire pour moi, tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation et peut-être renforce ma dépendance.
Quand je me sens écouté, je peux enfin m’entendre.
Quand je me sens écouté je peux entrer en reliance. Etablir des ponts, des passerelles incertaines entre mon histoire et mes histoires.
Relier des événements, des situations, des rencontres ou des émotions pour en faire la trame de mes interrogations. Pour tisser ainsi l’écoute de ma vie.
Oui ton écoute est passionnante. S’il te plait écoute et entends
moi.
Et si tu veux parler à ton tour, attends juste un instant que je puisse terminer et je t’écouterai à mon tour, mieux , surtout si je me suis senti entendu.
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Cari Rogers, l’apôtre de l’écoute
«Le seul savoir qui influence vraiment le comportement, c’est celui qu’on a découvert et qu’on s’est approprié soi-même », affirmait Cari Rogers. Avec lui, l’homme et l’œuvre sont indissociables.
Très attentif à la personne humaine, cette grande figure de la psychologie ^humaniste regardait chacun comme un être digne de respect et de considération.
Reconnaître à l’autre sa pleine valeur d’être humain, porter sur lui un regard chaleureux, telles furent les caractéristiques de l’homme, tels sont les fondements de sa « thérapie centrée sur le client » et, plus largement de son « approche centrée sur la
personne » (ACP).
Ces valeurs, il les mit en œuvre et en démontra la pertinence tant dans son activité de psychologue clinicien que dans celle d’enseignant et de facilitateur de groupe.il fut ainsi sollicité pour intervenir dans des situations de conflits sociaux ou internationaux. Son action lui valut d’être nominé pour le prix Nobel de la paix l’année même de sa mort, à l’heure où ce grand humaniste pouvait dire : « Ma vie, à 85 ans, est plus belle que mes projets, plus belle que mes rêves, plus belle que mes aspirations. »

LES CINQ CLÉS DE SA PENSÉE
1.RÉALISER SON POTENTIEL
Nous portons tous en nous la capacité de conduire notre vie d’une manière à la fois satisfaisante sur le plan personnel et constructive sur le plan social. Cela ne signifie pas que nous allons nous développer dans une telle direction, mais que nous en possédons tant les moyens que l’élan, de manière que l’on peut qualifier d’organique. Enfant, Rogers avait passé de longues heures à observer la nature, et notamment les papillons et les chenilles dont il conservait les cocons. Son hypothèse sur le potentiel naquit probablement de cette observation, avant d’être appuyée par sa pratique professionnelle et ses recherches scientifiques.
2.L’AUTHENTICITÉ, CONDITION DE LA RELATION
« Dans mes relations à autrui, j’ai découvert qu’il ne servait à rien, à long
terme, de me conduire comme si j’étais ce que je ne suis pas. » La confiance entre deux êtres ne peut s’établir que si chacun est fiable, à soi-même et à l’autre par conséquent. La qualité de la relation humaine passe par notre capacité à voir ce que nous sommes, à ne pas nous abriter derrière une façade car celle-ci apparaîtra tôt ou tard et les dégâts seront considérables. Cela implique vigilance et questionnement, car il est toujours plus facile, par exemple, de se fâcher contre l’autre que de découvrir sa mauvaise humeur.
3.ÉCOUTER POUR ENTENDRE
Bien que nous passions beaucoup de temps à nous parier, nous ne nous écoutons pas. Or, être entendu par l’autre est d’une portée profonde; c’est ainsi que naît le sentiment de compter à ses yeux, d’être considéré et respecté pour ce que nous sommes. Cela permet de franchir bien des barrières – culturelles, religieuses, raciales -, et de parvenir à une « rencontre de personne à personne ». « Que ses propos soient superficiels ou profonds, j’écoute celui qui s’exprime avec tout le soin, toute l’attention et toute la sensibilité dont je suis capable. » Lorsque cette attention existe, la communication s’établit et elle conduit à son tour à une meilleure compréhension.
4.DÉVELOPPER UNE QUALITÉ D’ÊTRE
Derrière une simplicité trompeuse, Caril Rogers nous invite à chercher la réponse à la plupart de nos questions non pas dans une compétence technique, mais dans la relation. L’élément décisif, c’est la confiance que nous avons en nous- mêmes et dans les autres, dans la gestion de nos sentiments et de nos conflits, dans la recherche d’un sens à notre vie. Cela vaut jusque dans le domaine de la relation d’aide, où le facteur décisif du changement relève non des techniques spécifiques du psychologue, mais de ses attitudes envers son client et de la manière dont ce dernier perçoit la relation.
5.ENCOURAGER L’AUTRE À MÛRIR
L’existence d’un climat propice au développement de la personne ne doit pas être le propre des seuls psychologues. Elle est valable pour tous les métiers de l’humain (enseignants, médecins, travailleurs sociaux) mais aussi pour la relation parent-enfant et, de manière générale, pour toute relation humaine dans laquelle l’une des parties a pour objectif d’encourager l’autre à s’épanouir, à se développer, à mûrir et à mieux faire face à la vie.

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